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12 Mars 2026 / 3.702 vues

MUNICIPALES 2026

À Aimargues, une liste citoyenne défend le lien social, l’accessibilité et le renouveau démocratique

Dans le cadre de sa série consacrée aux élections municipales, AGGLO.TV a reçu Benjamin MURGIS de la liste portée par Mickael BREIT à Aimargues.
Au fil de l’échange, plusieurs axes forts se dégagent : la volonté de retisser du lien entre les habitants, de redonner vie au centre-ville, d’améliorer l’accessibilité et la mobilité, mais aussi d’incarner une alternance politique après un très long cycle municipal.

Un village coupé en plusieurs mondes

Pour l’équipe candidate, Aimargues souffre d’abord d’une forme de fragmentation territoriale et humaine.
La commune serait divisée entre le vieux village, les extensions plus récentes et des secteurs plus éloignés, au point que certains habitants ont le sentiment de vivre dans des espaces séparés plutôt que dans une commune réellement unie. La transcription évoque même un village “physiquement divisé”, avec des habitants de l’ancien centre regardant parfois les nouveaux arrivants comme des étrangers au village.

La priorité affichée est donc claire : recréer du lien social, faire tomber les cloisons invisibles, et remettre les habitants autour d’une dynamique commune.
La liste se présente d’ailleurs comme une équipe participative, qui veut donner plus de place à la parole des habitants dans les décisions locales.

Des nouveaux habitants encore mal intégrés

Autre critique formulée pendant l’entretien : à Aimargues, les nouveaux arrivants ne seraient pas toujours accueillis comme ils devraient l’être.
Le candidat prend appui sur son propre vécu pour illustrer ce sentiment de distance, dans un village où demeurerait parfois une culture de l’“entre-soi”. La transcription évoque explicitement cette impression d’un territoire où certains garderaient les sujets “pour eux” et où la circulation de l’information resterait insuffisante.

Derrière cette remarque, il y a une ligne politique assez nette : ouvrir davantage la vie municipale, mieux informer, mieux associer, et faire en sorte que chacun puisse trouver sa place, qu’il soit habitant de longue date ou nouvel arrivé.

Accessibilité : le quotidien comme révélateur politique

L’un des moments les plus forts de l’échange concerne la question du handicap et de l’accessibilité.
Le représentant de la liste évoque son propre fils en situation de handicap et explique que celui-ci ne peut pas accéder à toutes les zones du village, ce qui révèle selon lui un problème plus global de circulation, d’aménagement et de mobilité.

La réflexion ne concerne pas seulement le handicap. Elle touche aussi les personnes âgées, notamment avec le projet de pôle santé excentré, qui risquerait de compliquer les déplacements pour une partie des habitants du centre ancien. C’est dans ce contexte qu’est avancée l’idée de navettes locales pour relier plus efficacement les différents secteurs de la commune.

Autrement dit, la mobilité n’est pas traitée ici comme un gadget de campagne. Elle est présentée comme une condition de base pour que le village reste vivable, accessible et réellement partagé.

Sécurité : un village préservé, mais une police municipale à rapprocher du terrain

Ancien gendarme, l’invité était naturellement interrogé sur la sécurité.
Sa position est plutôt nette : Aimargues n’est pas une commune marquée par une forte insécurité. Il insiste au contraire sur le fait que le village reste éloigné des problématiques plus lourdes que peuvent connaître des territoires davantage soumis à l’influence des grandes métropoles comme Nîmes ou Montpellier. Il salue également l’efficacité de la gendarmerie et de la compagnie de Vauvert.

En revanche, il estime que la police municipale pourrait jouer un rôle plus utile sur le terrain.

Selon lui, elle serait trop mobilisée sur des tâches administratives alors qu’elle devrait aussi être davantage présente auprès des habitants. Sa vision de la sécurité est simple : les forces locales ne doivent pas seulement sanctionner, elles doivent aussi créer du contact, dialoguer, rassurer et participer au lien social.

C’est un point important : le discours n’est pas celui d’un village en crise sécuritaire, mais celui d’un village qui aurait davantage besoin de présence humaine et de proximité que de communication anxiogène.

Un centre-ville qui se vide et un village qui s’endort

C’est sans doute l’un des axes les plus politiques de l’entretien.
Pour la liste de Michel Murgis, Aimargues vieillit, se disperse et voit son centre-ville perdre de sa vitalité. Le constat posé est celui d’un glissement progressif de l’activité vers l’extérieur, notamment autour des zones commerciales, pendant que le cœur du village perd des commerces, de la fréquentation et de la vie.

Les candidats disent vouloir enrayer ce mouvement en soutenant les commerces de proximité, en faisant revenir du passage, en recréant des lieux de rendez-vous et en redonnant une respiration au centre ancien.
Parmi les pistes évoquées figure la remise en place d’un marché couvert, avec une valorisation des producteurs locaux et du terroir. L’idée est de redonner de la visibilité aux petits commerces, de faire vivre les cafés, la boucherie, l’épicerie, et plus largement de remettre des gens au centre du village.

Faire d’Aimargues un village plus vivant

Au-delà du commerce, l’équipe défend une vraie ambition d’animation communale.
Le discours est limpide : Aimargues ne souffre pas d’abord d’insécurité, mais d’un manque de moments fédérateurs. Le village manquerait d’événements, de rendez-vous, d’occasions de brassage intergénérationnel. Les arènes, jugées remarquables, seraient sous-utilisées au regard de leur potentiel, et pourraient accueillir davantage de soirées à thème et d’initiatives locales

Cette volonté de redynamisation : lutter contre l’engourdissement du village, contre le vieillissement social du centre, pour redonner à Aimargues une énergie collective.

En filigrane, il s’agit moins d’empiler des “animations” de brochure municipale que de refaire circuler du monde, du lien, de la présence, donc de la vie. Le village, sinon, se fige comme une carte postale oubliée sur une cheminée.

Alternance : le cœur du message politique

L’autre grand axe du discours, c’est celui du renouvellement démocratique.
L’invité rappelle que le maire sortant est en place depuis près de deux décennies, et que la démocratie suppose aussi, à un moment, une capacité d’alternance. La transcription mentionne explicitement qu’après 18 ans de mandat, la question du changement devient légitime, non comme une attaque personnelle, mais comme une exigence démocratique.

L’argument est d’autant plus fort, dans leur bouche, qu’ils rappellent que le maire sortant avait lui-même reproché à son prédécesseur la durée de son maintien au pouvoir.
Le message est donc clair : ce qui était vrai hier le serait aussi aujourd’hui. Une commune ne peut pas rester indéfiniment sous la même main sans risquer l’usure, l’immobilisme ou la confiscation du débat. D’où l’idée d’une équipe plus jeune, plus dynamique, et décidée à remettre du mouvement dans la gestion du village.

Plus de transparence et de participation

Enfin, la liste insiste sur la méthode.
Elle promet davantage de commissions, de comités et de concertation, avec l’idée que les habitants doivent pouvoir participer plus directement aux orientations prises par la municipalité. Le candidat critique au passage une gouvernance trop concentrée autour d’une seule personne et appelle à sortir d’une logique de monopole de décision.

Sur ce point, le fond du message est cohérent avec le reste :
plus de dialogue, plus de circulation de l’information, plus d’écoute, et moins de verticalité.

Une campagne axée moins sur la peur que sur le réveil du village

Au final, l’entretien dessine une ligne assez claire.
La liste soutenue par Michel Murgis ne cherche pas à peindre Aimargues comme une commune en crise majeure. Elle la décrit plutôt comme un village préservé mais en voie d’essoufflement, avec un centre qui perd de sa vigueur, des habitants parfois séparés les uns des autres, une accessibilité insuffisante, un manque d’animation et une gouvernance jugée trop installée.

Leur promesse politique tient donc en une formule simple : remettre du lien, du mouvement et de la respiration dans le village.

 

 

Journaliste : Pierric-Joël LOUBAT

Technicien : Antoine RODRIGUEZ

 

 

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